Après réflexion et échanges avec quelques militants, je me dois de faire l'analyse de la défaite de Glavany / Rodrigo aux municipales en mars 2008. J'expliquerai tout à l'heure pourquoi j'estime que ce n'est pas la défaite des socialistes.

Bilan :

Une partie de la campagne municipale s'est faite sur la comparaison des bilans entre la municipalité et l'agglomération. Et ce bilan a clairement été en faveur de la ville de Tarbes, mais pas forcément avec justesse d'ailleurs.

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Première erreur, la dénomination Grand TARBES ! Les électeurs ont été nombreux à penser que les actions du Grand TARBES, l'agglomération, étaient celles de TARBES, la commune. Deux noms similaires ne créaient pas de confusion dans l'esprit des férus de politique mais ont conduit à un brouillage pour les électeurs entre les actions de l'une et l'autre collectivité.

Deuxième erreur, la communication. Le Grand TARBES n'a pas su communiquer sur ses actions aussi bien que la ville de TARBES. C'est une évidence quand on voit qu'il a fallu pendant la campagne rappeler dans des tracts, dans  le porte-à-porte les actions de l'agglomération. J'ai toujours dit que la Gauche avait plus de difficulté à communiquer que la Droite car ses actions sont plus complexes mais se veulent plus durables. A titre d'exemple, la prévention (l'un des leviers de la politique de la ville copilotée par Conseil Général, Agglo et Etat) sera toujours plus difficile à expliquer et plus longue dans ses résultats que la répression (politique de l'UMP) qui se voit tout de suite. Quelques pourcentages de voix qui ont manqué tant à TARBES que dans plusieurs communes de l'agglomération viennent de là.

Troisième erreur, le parisianisme. Glavany était accusé d'être un élu plus national que local. Le symbole le plus marquant de ce fait est l'inauguration ratée du Caminadour. Ce jour-là des artistes venus d'on ne sait où (Paris peut être) ont présenté un spectacle médiocre devant des artistes locaux mobilisés pour signaler qu'ils n'avaient pas été sollicités pour une fête qui aurait dû être celle des habitants de l'agglomération. Qui a eu l'idée de ne pas associer nos artistes à cette fête ? Erreur politique plus grave, on ne fait pas !

MairieLa première erreur de Trémège :

Avec Trémège, à la fois Maire et Président du Grand TARBES, la confusion ne sera plus permise. Tout ce qui sera fait (et surtout pas fait) pendant les 6 années qui viennent sera de sa responsabilité. Le jugement sera plus facile à effectuer par les électeurs.

Trémège a sans doute fait là sa première erreur politique, celle de conquérir le Grand TARBES par orgueil sans doute. En laissant les socialistes à la tête de l'Agglomération il y aurait eu une concurrence entre les deux collectivités à celle qui en fait le plus pour les citoyens et Trémège aurait sans doute récupéré une fois de plus les voix de la confusion. Maintenant, plus d'erreur possible : Trémège est responsable de tout.

Politisation :

Si la Gauche l'a emporté presque partout en France c'est bien entendu parce que les candidats de Gauche ont su politiser l'élection que la Droite voulait dépolitiser à l'exemple de TARBES où Tremège a omis de signaler qu'il présidait l'UMP depuis des années !

A TARBES, la politisation de l'élection a fait défaut.

Il est totalement faux ou orgueilleux de croire que l'on peut se passer des symboles socialistes pour gagner une élection politique (et elles le sont toutes). Jospin en 2002 a non seulement dit que son projet n'était pas socialiste mais en plus il n'a pas utilisé la rose et le poing dans ses affiches de campagne... avec le succès que l'on sait.

Même erreur en 2008. Certains électeurs votent pour une idéologie, ce qu'elle représente et pas pour ceux qui croient l'incarner. De nombreux électeurs font confiance aux idées socialistes et pensent (à juste titre à mon avis) que ses représentants représentent plus leur parti qu'eux mêmes. La force militante est reconnue comme un contrôle interne des actions des élus. Ceci les électeurs le savent. Ils savent que les élus socialistes sont autant responsables devant les électeurs que devant leurs militants. C'est cette double légitimité qui fait en partie la force des élus socialistes en plus des idées que ce parti porte depuis des décennies.

Avoir omis de signaler dans les affiches, dans les tracts, les 4 logos PS, PC, PRG, et Verts, est à ce titre une erreur grave. Avoir cru symboliser sur quelques noms ces Partis dans leur ensemble est sans doute un pêché d'orgueil similaire à celui de Jospin en 2002.

Il es bien évident qu'une telle erreur n'a pas été commise aux cantonales où tout le monde reconnait qu'elles ont été des élections d'autant plus politiques que TOUS les candidats ont porté le flambeau de leurs partis respectifs sur TOUS les tracts et TOUTES les affiches.

Militants socialistes :

En tout cas une chose est certaine, c'est l'engagement total est parfait des militants socialistes sur la ville pour cette élection. Ils étaient partout, ont fait le maximum pour répondre à la demande de l'équipe de campagne.

Ils ont répondu présent pour faire ce qu'on leur demandait et ils doivent être remerciés et félicités pour cela. Ils ont été les bras et la parole de la campagne.

Il est peut être dommage qu'ils n'aient été que cela (ou presque) et qu'ils n'aient pas été entendus d'avantage.

Perspectives :

Un colistier me signalait dans un commentaire que je me désolidarisais de Glavany parce que je ne pleurais pas avec lui sur la défaite.

Je lui ai répondu qu'être solidaire ce n'est pas passer son temps à pleurer ensemble mais c'est préparer des lendemains heureux ensemble.

En 2009 nous avons les élections européennes et nous savons qu'elles seront politiques. Qui sait que Kader Arif a été notre tête de file aux Européennes en 2004 ? Lui où son successeur politiseront forcément l'élection qui aura une portée nationale.

En 2010, nous avons les Régionales. Si Martin Malvy est sans doute connu, il faut espérer qu'il ne fera pas campagne uniquement sur son nom mais aussi sur nos symboles socialistes. Nos échecs nous permettent de lui donner ce conseil en tout cas !

En 2011, dix conseillers généraux socialistes seront rééligibles dont deux à TARBES, lieu où la politique est plus importante qu'en espace rural.

En 2012, nous avons les Présidentielles et les Législatives.

Et enfin en 2014 de nouveau les municipales.

Les statuts nationaux devraient rendre obligatoire l'affirmation de son appartenance au PS de tout candidat socialiste en imposant notamment les logos sur tous ses documents de campagne. 2002 aurait dû nous apprendre cela. Au moins !