Rodrigo_Glavany_Fabrique_d_mocratiqueAinsi la liste dirigée par Jean Glavany et Chantal Rodrigo a perdu l'élection municipale de Tarbes.

Perdu est même un mot faible tant le score du maire UMP sortant est élevé : 54%.

Pourtant les élections à caractère national ont toujours donné l'avantage à la gauche sur la ville :

Aux Présidentielles de mai 2007, Ségolène Royal réalise sur la ville 56,5%.

Aux législatives de juin 2007, Chantal Rodrigo s'incline face à Trémège sur les cantons I et II mais avec tout de même 48,7%, et pendant ce temps, Glavany bat Mme Rabaud-Carrier par 58,7% sur les cantons III, IV et V.

Notons que les meilleurs résultats pour la gauche sont déjà réalisés sur les cantons III et IV, ceux là même que Virginie SIANI et moi-même avons gagné le 16 mars dernier.

L'élection était considérée comme imperdable et Sarkozy lui-même avait estimé en novembre 2007 que Tarbes était probablement perdue.

Que s'est-il passé pour que l'impossible arrive ?

Plusieurs raisons expliquent sans doute la claque prise par la liste.

La méthode de constitution de la liste : Unité de la gauche ? Equilibres politiques ?

La liste elle-même : Elimination de militants engagés ? Date de constitution ? Places éligibles ? Renouvellement insuffisant ?

La campagne : Trop tardive ? Pas assez de terrain ? Trop de réunions de sympathisants ?

Le programme : Trop intellectuel ? Pas assez direct ?

La communication : Trop d'écrits ? Pas coordonnée avec les deux cantonales ?

Bien sûr, il ne s'agit là que de quelques questions que l'on peut se poser. Il y en aurait beaucoup d'autres.

Comment expliquer les 1700 voix perdues sur Tarbes I et Tarbes II sur la circonscription de Chantal Rodrigo ?

IMG_3209Différence entre les cantonales et les municipales :

Sur les cantons de TARBES III et TARBES IV où nous avons gagné, Virginie et moi, nous avons mené une campagne bien différente de la campagne municipale.

Nous avons choisi des suppléants qui étaient des militants engagés et à nos côtés de longue date : Stéphane Schnepf pour Virginie, Christine Clos pour moi. La liste municipale n'avait pas cette unité parfaite semble-t-il.

Nous avons mené des campagnes de terrain. Virginie et moi avons frappé à toutes les portes nous-même. 4500 portes chacun. Virginie passant même deux fois à certains endroits. Aux municipales, le porte à porte n'a pas été aussi intensif.

Nous avons communiqué simplement. Nous avons passé des heures et des heures à construire ensemble un projet pour nos deux cantons, projet que nous avons voulu en synergie avec le projet municipale. Ce projet faisait 8 pages écrites petit ! Il était hors de question de publier un document aussi dense. Nous avons donc décidé de faire des documents simples sur 4 (pour moi) ou 6 pages (pour Virginie) qui reprenaient les idées principales, toujours illustrées par des photos ou dessins. L'imprimerie IMAGES nous a d'ailleurs été d'une grande aide à tous les deux pour concevoir ces documents avec le plus d'efficacité communicante. La communication municipale n'a pas fait ce choix de la simplicité.

Nous avons gardé en mémoire la totalité de notre projet pour aller le défendre plus précisément au porte à porte. Aux municipales, tout était dit dans les documents écrits. Certains ont sans doute trouvé inutile de répéter ce qu'il suffisait de lire !

Nous avons activé un réseau présent sur le terrain depuis des années en faisant souvent du porte à porte avec ces militants ou sympathisants connus pour leur activisme (distribution de tracts depuis des années, tenues de bureaux de vote régulières, activités associatives). La connaissance du terrain, des rues, des habitants rencontrés lors de porte à porte précédents, ont porté leurs fruits. A contrario, aux municipales, certains mettaient les pieds sur le terrain pour la première fois. Certains n'y ont toujours pas mis les pieds !

Finalement, le vote des cantonales a valorisé une présence de terrain importante, une écoute des citoyens de la part de Virginie et moi-même et une politisation de l'élection où les logos du PS étaient présents partout alors qu'ils étaient absents de la campagne municipale.

Ségolène Royal / Jean Glavany :

Certains disaient que la présidentielle de 2007 était elle-même imperdable. Elle pourtant été perdue, comme la municipale de Tarbes. Des leçons doivent donc être tirées par les uns et par les autres.

Nationalement, Ségolène Royal devra modifier ce qui n'a pas fonctionné dans la campagne. Le Congrès sera sans doute pour elle l'occasion d'en parler.

Localement, j'espère que nos méthodes, notre expérience à virginie et moi, notre légitimité d'autant plus forte que nous sommes les seuls vainqueurs de gauche à Tarbes finalement, seront utiles aux socialistes pour construire un avenir gagnant.